Négociation Égalité Professionnelle 2026 – Revendications

La CGT Smile et l’UNSA ont signé un accord égalité professionnelle en 2022. Cet accord était valable 4 ans, nous arrivons à son terme, il faut donc un négocié un de nouveau.

Pour cette année, l’UNSA n’étant plus présent à Smile, et la CFDT s’étant implanté, nous avons décidé de construire une fois encore des revendications commune intersyndicale.

Quelques données

Globalement les écarts salariaux entre les Femmes et les Hommes à Smile diminue, mais restent tout de même présent.

Nous avons pleins de chiffres différents et parfois contradictoires sur les écarts de salaire, mais globalement fin 2025 le salaire moyen était à 52k€, avec un écart F/H d’environ 1,5k€ soit 2,8%.

Si nous regardons par secteur de métier, à savoir différencier les salaires de l’Administration, de la Production et du Commerce, comme c’était déjà fait en 2022.

Sur juin 2026, nous sommes à un salaire moyen de 51 446€. (Oui, c’est plus bas que fin 2025, on n’a pas l’explication, mais sûrement des différences sur les exports des données et les retraitements. On fait avec ce qu’on nous donne).

Regardons en premier lieu la représentation par secteur de métier :

2026%age Femme%age Homme
Administration6931
Commerce3169
Production2179

Salaires moyen fixe et variable :

2026FemmesHommes
Administration49 776 €50 962 €
Commerce69 260 €75 610 €
Production48 123 €49 778 €

On observe que les femmes sont moins payées dans deux catégories, respectivement commerce -8,63% en 2026 vs -13,22% en 2021, et production -3,35% en 2026 vs -2,37% en 2021. La différence dans la partie administration est de +2,37% en 2026 vs +9,94% en 2021.

Notre attention a été attirée par la partie commerce qui gagne 24k € (soit +24%) de plus que la production.

À comparer les évolutions entre 2021 et 2026 on observe de fortes inégalités :

2021 vs 2026FemmesHommes
Administration+16,38%+35,33%
Commerce+27,15%+14,96%
Production+9,69%+10,61%

Il faut aussi considérer la question du plafond de verre, puisqu’il n’y a aucune femme cadre en position 3.X de la convention collective depuis au moins 3 ans tandis que les hommes y sont 15 en moyenne.

Revendications intersyndicales

Offres d’emploi

Contexte : Actuellement les titres des offres d’emploi ne sont pas inclusives (Consultant Sénior, Ingénieur d’affaires, Directeur-conseil …)
Revendication : Nous demandons à ce que les offres d’emploi soient rédigées de façon 100% inclusive (utiliser des mots éponymes ou de l’écriture inclusive, et bannir les mots comme “directeur”, “ingénieur”…)
8 mars – journée internationale des droits des femmes

Contexte : Absence d’évènement à proprement parler, mais simplement des affiches sur les panneaux.

Revendication : Nous demandons la tenue d’un événement à organiser conjointement avec la Direction, le CSE et les syndicats, dès janvier. Ainsi que des moyens économique et humain définis pour mener à bien ses actions.
Dans le cas où ses actions ne sont pas mises ne place ou que tout ou partie du budget n’est pas dépensé, dès lors le restant du budget sera répartie entre chaque entité (DG, CSE et chaque syndicat) qui pourront librement verser à l’association de leur choix en rapport avec les femmes.
Réduction des écarts de salaire

Contexte : “la société prendrait des mesures notamment en allouant un budget spécifique consacré à la réduction des écarts de rémunération”

Revendication 1 : Nous demandons à ce que les promotions et rééquilibrages des salaires soient décorrélés. Une enveloppe spécifique dédiée à l’équilibre des salaires entre les femmes et les hommes doit être créée. Et si c’est déjà le cas réellement, il faut signifier à la salariée qu’elle bénéficie d’un réalignement de salaire. De plus, ce budget doit être communiqué au CSE et aux syndicats.

Revendication 2 : Une enveloppe de 10k€/ans doit être dépensée obligatoirement pour résorber les inégalités salariales si une inégalité injustifiée est identifiée. Si aucun cas d’inégalité injustifié est détecté, alors la somme restante est répartie entre tous les cas d’inégalité justifiée.

Revendications 3 : Nous définirons un écart maximum de rémunération sur une catégorie de référence métier de Smile ou les catégories de la convention collective que ce soit avec ou sans justification. Exemple : L’écart maximum entre le salaire max et min d’une catégorie sera limité à 15%. Dans le cas d’une augmentation du salaire max, alors le salaire min sera automatiquement réévalué à la hausse pour respecter cet écart.
Formation

Contexte : Aujourd’hui aucune formation n’est donnée sur les sujets du sexisme à Smile.
Revendication : Proposer des vraies formations (au moins 1 jour plein) de sensibilisation au sexisme, et à l’égalité pro en général pour tous les salarié·e·s manageant des personnes.
Congés maternité et paternité

Contexte : Il faut au moins 2 ans d’ancienneté à Smile pour pouvoir bénéficier du congé paternité rémunéré à 100%.

Revendication : Alignement avec le projet de la convention collective qui est de prévoir seulement 1 an d’ancienneté pour la prise en charge du congé paternité (comme c’est le cas pour les congés maternité).
Demande que Smile complète le salaire des salariés d’au moins 1 an d’ancienneté pour arriver à une indemnisation de 100% du salaire fixe brut.
Aménagement du télétravail pour les femmes enceintes

Contexte : Actuellement, les aménagements de télétravail  ne sont possibles qu’après 3 mois de grossesse.

Revendication : Supprimer le délai des 3 mois de grossesse pour les aménagements de télétravail. Pour rappel, le premier trimestre de grossesse constitue pour certaines femmes une véritable épreuve (nausées, vomissements, fatigue intense) parfois même plus importante que le 2ème et le 3ème trimestre.
Accompagner le retour des congés maternité, paternité, naissance et parental

Mise en forme de l’accord : Ajouter “Paternité” et “naissance” dans le titre.

Article : La société s’engage à préparer le retour du salarié à l’issue de son congé maternité/paternité/parental ou naissance en organisant un entretien de retour avec le manager ou la fonction RH. Au cours de cet entretien seront abordés :
– l’évolution professionnelle du/de la salarié(e), notamment en termes de qualification et d’emploi ;
– les questions relatives au suivi des actions de formation, de certification et de progression salariale ou professionnelle de la salariée ;
– l’évaluation de son employabilité ;
– la réflexion sur l’avenir du/de la salarié(e), le poste occupé et son projet professionnel.
Congé enfant malade

Contexte : 1 jour d’enfant malade seulement en cas d’hospitalisation pris en charge par Smile.

Revendication : Nous demandons à pouvoir bénéficier de 5 jours enfants malades par an rémunérés à 100% (sous couvert d’une attestation, pour les enfants de moins de 11 ans sans hospitalisation et pour les enfants de moins de 14 ans révolus en cas d’hospitalisation).
Rentrée scolaire

Contexte : Aujourd’hui Smile prévoit un aménagement du temps de travail pour que les parents puissent accompagner leurs enfants lors de la rentrée scolaire.

Revendication : Permettre une ½ journée maximum pour accompagner à la rentrée scolaire et la création d’une imputation dédiée dans Gescom pour la rentrée scolaire.
Lutte contre les stéréotypes sexiste

Nous demandons un budget de 2000€ afin de couvrir l’ensemble des campagnes de sensibilisation liées au harcèlement (mails, affichages) ainsi que la mise en œuvre de formations et de webinaires associés.
Pour congé arrêt involontaire de grossesse et procréation médicalement assisté

Contexte : il existe actuellement un congé de 2 jours pour arrêt spontané de grossesse pour la personne et le coparent.

Revendication : Augmenter à 3 jours pour les arrêts spontanés de grossesse. Ajout dans les cas bénéficiant des 2 jours : le cas d’une FIV.
Congé règle douloureuse

Un sondage IFOP de 2021 révèle que près d’une femme sur deux souffre de règles douloureuses et 20 % de douleurs très intenses, autant de situations invalidantes qui créent une inégalité structurelle.
Mise en place de 3 jours à disposition de la salariée réglée.

Bilan de la négociation

Deux réunions ont eu lieu, une première de présentation où nous avons présenté nos propositions et la dernière qui a eu lieu vendredi 26 juin. On n’a même pas eu le temps de vous communiquer les infos que la négociation est déjà terminée puisque la Direction à couper court à nos revendications.

Pour faire simple, ils ont tout refusé, sauf un ou deux trucs qui ne sont absolument pas contraignants ou qu’ils avaient déjà décidé de faire. Leur objectif est de ne pas dépenser d’argent, ce qui est un poil dommage pour un accord sur l’égalité professionnelle, notamment salariale. Ils ne veulent aucune contrainte, aucun contrôle sur ce qu’ils pourraient mettre en place, par conséquent aucun nouveau droit. Tout doit rester dans leur main, et pouvoir contourner le moindre article au besoin.

Ils ont même réussi à nous proposer moins bien que l’accord précédent, qui n’était pas très solide.

Ce n’est pas sérieux selon nous. Ça démontre d’aucune volonté de réellement diminuer les inégalités entre les Femmes et les Hommes. C’est même assez gênant pour l’image de Smile.

En conséquence, ni la CGT, ni la CFDT n’ont souhaité signer un accord vide.

L’accord actuel cours encore jusqu’en octobre 2026. La Direction a intérêt à maintenir unilatéralement le peu qu’il y avait dedans au risque de démontrer que la lutte contre les inégalités n’est pas un sujet pour eux et ainsi de créer un fort mécontentement chez les salarié·e·s.

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