Cet article s’inscrit dans une série 11 articles sur le thème « comment lutter contre l’extrême droite ». Ses articles sont directement issus des fiches produites par la Confédération Général du Travail.
La progression de cette menace a rendu cette dimension de notre engagement plus fondamentale qu’elle ne l’a jamais été. La situation sociale, économique et démocratique sert de carburant à l’extrême droite et accélère la recomposition politique autour de ses idées. La séquence de la réforme des retraites et le passage en force du gouvernement en aggravant ces trois dimensions de la crise actuelle, lui a ainsi ouvert un boulevard.
Les multiples impostures de l’extrême droite doivent être dénoncées sans relâche à commencer par l’imposture sociale
Ce courant politique prospère sur la détresse et le désespoir résultant des politiques antisociales des gouvernements néolibéraux mais il n’a jamais été et ne sera jamais l’allié des travailleurs.
Refusant le gel des loyers, l’indexation des salaires sur l’inflation, la hausse du Smic il se place toujours en soutien zélé des intérêts du patronat.
Une fois au pouvoir, il accélérerait les politiques libérales au profit du grand patronat en augmentant encore la brutalité de la répression des mouvements sociaux.
L’extrême droite se présente également comme un recours démocratique face à l’autoritarisme des gouvernements néolibéraux, il est essentiel de dénoncer cette imposture en rappelant les menaces qui pèseraient sur les libertés publiques et démocratiques si elle arrivait au pouvoir. Malgré le lissage de son image, le RN est et reste un parti fasciste résolument hostile aux libertés publiques, aux droits démocratiques, à la liberté de manifester, de se réunir, de créer des associations, syndicats, partis, etc.
Sa pratique dans les collectivités territoriales qu’il dirige laisse présager de ce qu’il pourrait faire une fois au pouvoir
Citons par exemple la fermeture de locaux associatifs et/ou la suppression des subventions aux associations qui ne portent pas la vision du monde raciste du RN… Les procédures bâillon à l’encontre des opposants, l’utilisation de la police municipale et parfois nationale comme milice politique, entrave à la liberté de la presse… Et la liste pourrait être plus longue encore.
Le racisme doit aussi être clairement identifié comme le ressort principal du vote d’extrême droite
La logique de préférence nationale centrale chez le RN n’est rien d’autre qu’une logique de ségrégation raciale. Entendant préserver la clé de répartition financière du capitalisme libéral qui octroie tout aux actionnaires et les miettes pour le reste de la population il lui faut donc, pour s’assurer un minimum de base sociale, allouer ces miettes en priorité à son électorat supposé, classes moyennes blanches effrayées par le déclassement, en leur garantissant un accès privilégié aux prestations sociales, au logement, etc.
Ce système en plus d’être absolument indigne rend les luttes collectives plus difficiles encore, en divisant les travailleurs selon leur origine, couleur de peau, religion réelle ou supposée, etc.
Les seuls gagnants d’un tel système sont les exploiteurs qui pourront tranquillement opposer les travailleurs entre eux pour faire reculer les droits de tous.
Notre volonté de construire une société libérée de l’exploitation et de toute forme de discrimination nous place forcément en opposant naturel à cette logique. Le racisme et l’antisémitisme restent au cœur du logiciel de l’extrême droite et ce rappel est particulièrement important dans une période où ces questions sont instrumentalisées, où l’extrême droite prétend lutter contre l’antisémitisme en promouvant un autre racisme… Le racisme et l’antisémitisme sont indissociables et minimiser l’un revient toujours à minimiser l’autre.
La CGT lutte également concrètement contre les idées racistes qui alimentent l’extrême droite en organisant les travailleuses et travailleurs sans-papiers, en luttant avec elles et eux pour leur régularisation, en rendant visible le combat de ce salariat précarisé et privé de droits. C’est une question de principes et de valeurs.
Dans cette lutte contre le racisme, l’unité syndicale est importante et la CGT en a bien conscience en étant à l’initiative de la campagne intersyndicale contre le racisme, la xénophobie, et l’antisémitisme au travail.
Au-delà de cette campagne, travailler à l’unité la plus large contre l’extrême droite, ses idées et ses organisations est indispensable, l’histoire l’a d’ailleurs démontré de multiples fois.
La création d’une formation commune avec la FSU sur la lutte contre les idées d’extrême droite va dans ce sens comme l’implication d’un grand nombre de nos organisations dans le collectif VISA (Vigilance et initiatives syndicales antifascistes). Des liens solides et durables se sont également construits avec une partie du monde associatif ainsi qu’au sein de la société civile.
La participation de la CGT à l’initiative « 1 001 territoires pour la fraternité » avec une part conséquente du mouvement associatif vont dans le sens de pérenniser ces cadres d’échanges et de travail en commun.
Le travail avec les collectifs et associations féministes est tout aussi important à un moment où l’extrême droite nourrit les idées patriarcales, tout en essayant d’instrumentaliser la lutte contre les violences sexistes et sexuelles à des fins racistes.
Continuer de faire grandir notre capacité à riposter contre la montée des idées d’extrême droite et à outiller nos militants pour mener cette bataille est un objectif fondamental.
Les fiches thématiques CGT vont dans ce sens, et sont complémentaires de nos orientations et repères revendicatifs. Elles doivent être popularisées dans toute notre organisation, afin de gagner une meilleure appropriation du sujet.
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