Pour ce bulletin d’information syndicale du mois de janvier 2026, nous aborderons 4 thématiques.
Au programme :
- Bilan des élections CSE de Smile
- Plan de licenciement déguisé
- Budget de l’État
- Budget de la Sécurité Sociale
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[Intro musicale]
Bonjour et bienvenue sur ce onzième bulletin d’information syndicale.
Tout d’abord, la CGT Smile vous souhaite une bonne année 2026, qu’elle soit victorieuse contre les inégalités et pour la justice sociale.
Pour ce mois de janvier, nous aborderons les thèmes suivants :
- Bilan des élections CSE de Smile
- Plan de licenciement déguisé
- Budget de l’État
- Budget de la Sécurité Sociale
C’est parti.
[Pont musical]
Bilan des élections CSE de Smile
Les résultats sont tombés il y a plus d’un mois, la CGT reste majoritaire avec plus de 54% de voix aux élections, mais la grosse nouveauté de cette année était l’arrivée de la CFDT à Smile.
Ou plutôt le re-retour. En effet, la CFDT a souvent été implanté à Smile sous impulsion de la Direction, C’est ce qui a été le cas en 2017 ou en 2011 lors de la signature de l’accord sur la mise en place du forfait jour à Smile. Accord dérogeant à la convention collective à notre désavantage. C’était l’objet de notre campagne de rentée 2024.
Nous avons déjà fait un retour critique du déroulement de la campagne le mois précédent.
Mais à présent, on veut aborder le décalage entre les promesses et les actions. À la CGT nous avons toujours été clairs : nous sommes dans une conflictualité de classe entre le capital et les travailleurs. Et nous sommes du côté des travailleurs. Ce n’est pas pour rien qu’à Smile, on travaille pour faire remonter des dividendes afin de rembourser les intérêts sur l’emprunt des actionnaires de Smile, alors que dans le même temps il n’y a pas eu d’investissement dans le travail. Tout est dans la spéculation.
Bref, c’est là où on peut se distinguer des autres syndicats. Nous ne négocions pas à la marge un problème de fond.
Car la conséquence de ça, c’est de peut-être finir par considérer que c’est OK de licencier si on nous explique que c’est un problème individuel.
Nous faisons une lecture structurelle des effets du capitalisme sur nos vies. Notre réponse est donc de remettre en question la structure. Car même si on vous fait croire que vous avez fait une faute, vous êtes la victime dans cette affaire.
[Pont musical]
Plan de licenciement économique déguisé
Comme en 2023, à partir d’octobre 2025, Smile a lancé une grande campagne de licenciements sans cause réelle ni sérieuse, dont l’objectif est de réduire la masse salariale.
En gros un plan de licenciement économique déguisé et collectif.
Évidemment, la Direction a mal pris l’alerte CSE sur ce thème et nous a rétorqué que du fait des difficultés économiques du marché, il fallait appliquer le “management de la performance”.
Le principe du “management de la performance” c’est de pouvoir vous virer si on considère que vous n’êtes pas performant, et ce, peu importe le cadre légal. Tout du moins, c’est la pratique observée.
En effet, grand nombre des licenciements effectués ont été à l’encontre de personnes en intermission. Être entre deux missions ne peut pas être une faute. Quand bien même le caractère abusif du licenciement était démontré pendant les entretiens, Smile maintenait la procédure de licenciement, ne restant plus qu’au salarié·e une action judiciaire pour obtenir réparation. C’est un passage en force.
Organisée avec le CSE, la CGT et l’inspection du travail, l’alerte a mis un frein à cette vague de licenciement abusif. Certaines procédures se sont miraculeusement transformées en autre chose… hum, hum.
Dans tous les cas, si vous subissez une pression, si vous avez une crainte, contactez l’Inspection du Travail de votre ville, c’est important. Et surtout informer la CGT pour qu’on puisse vous accompagner.
On attire l’attention sur la confiance moyenne que nous avions sur la liste CFDT, en effet, nous avons appris que seuls les Élu·e·s de la liste CGT se sont inscrits à une formation d’accompagnement aux licenciements, mais pas un seul de la liste CFDT. Mais pire, la Déléguée Syndicale CFDT s’est retrouvée à faire passer un licenciement côté Direction. Pour nous, c’est extrêmement problématique ! Il nous semble difficile de dire que l’on veut défendre les salarié·e·s après cela.
Mais recentrons, les vrais fautifs dans l’affaire, c’est bien la Direction de Smile et ses actionnaires, qui ne veulent pas assumer leurs difficultés, et s’en prennent aux travailleurs et travailleuses. Voici la violence du Capitalisme.
[Pont musical]
Budget de l’État
Après un rejet historique du budget à l’assemblée et le vote d’une loi spéciale, les députés reprennent en ce moment le projet de loi du budget : C’est le retour du même dialogue sans fin.
D’un côté, le gouvernement et ses soutiens campent sur une politique de l’offre qui ne fonctionne pas. Pour eux, hors de question de taxer davantage les ultra-riches ou les grands groupes ; il faut couper dans les dépenses.
À gauche, on réclame plus de justice fiscale, du soutien à l’industrie et aux services publics.
Quant à l’extrême droite, elle a déjà prévenu qu’elle ne voterait rien venant du Premier ministre Lecornu, malgré un alignement économique avec le bloc central qui n’est plus à démontrer. Le RN, c’est une politique libérale avec du racisme. Ça reste et restera les ennemis des travailleurs et travailleuses.
De plus, la copie revient des mains du Sénat où la majorité de droite à réduit à rien les impôts des ultra-riches et des entreprises, ce qui mécaniquement aggrave le déficit.
Pour espérer descendre sous la barre des 5 % de déficit en 2026, il manque désormais entre 12 et 15 milliards d’euros.
L’usage du 49.3 ou des ordonnances semble désormais la seule issue, surtout que le gouvernement pourrait à nouveau profiter comme pour le budget précédent d’une abstention du PS pour passer.
Au-delà de la bataille politique, c’est le diagnostic économique qui inquiète. L’économie française semble ne plus être capable de créer de la valeur par elle-même : elle ne tient debout que grâce à notre modèle social qui soutient la consommation, alors qu’une grande partie de l’industrie voit son activité se dégrader.
Dans ce contexte de fragilité, les milliards d’euros de coupes prévues dans le budget 2026 risquent de saper un potentiel de croissance déjà bien maigre, estimé à seulement 0,9 % pour 2025. En clair, c’est le serpent qui se mord la queue : la rigueur affaiblit l’activité, ce qui réduit les recettes fiscales et empêche, in fine, de réduire durablement le déficit.
Au-delà de ça, c’est toujours une politique en faveur des plus riches qui nous est imposée, il est temps de changer de perspective.
[Pont musical]
Budget de la Sécurité Sociale
Initialement, la Sécurité Sociale repose uniquement sur les cotisations sociales. Lorsqu’il a été mis en place en 1945 sous l’impulsion du député communiste Ambroise Croizat, c’est la CGT qui à son tout départ a créé toutes les caisses de Sécurité Sociale en sillonnant la France. On le répète, c’est la CGT qui a créé les caisses de la Sécurité Sociale !
La Sécu est un organisme à l’origine entièrement géré par les travailleurs et travailleuses. En effet, 75% des sièges était alloué aux syndicats de travailleurs et 25% aux employeurs.
Ce sont les travailleurs eux-mêmes qui décident du taux de cotisation, en partant des besoins pour en déterminer les dépenses.
Sauf que dès les années 50 l’État gèle le taux de cotisation sous pression du patronat. Puis fait surtout une grande attaque en 1967 en découpant des branches, en supprimant l’élection des administrateurs et en modifiant les règles du paritarisme pour atteindre 50% de syndicat de travailleur et 50% de patrons.
Dès les années 1970, l’État contribue au financement de la Sécurité Sociale, lui permettant de s’immiscer dans les prises de décision. C’est le début de la douille. Spécifiquement, en 1990, où l’état impose le gel des hausses de cotisation, puis en 1991, créer la CSG, pour la Contribution Sociale Généralisé. Ce n’est donc plus les cotisations qui financent la Sécu, mais un impôt, car la CSG est payée par les retraités et les chômeurs. Renforçant ainsi le pouvoir de l’État dans les orientations de la Sécu. C’est effectivement retirer du pouvoir aux travailleurs, tout en retirant les contributions des employeurs. Le patronat se frotte les mains de transférer les recettes de la sécu sur les impôts et non plus sur les salaires. C’est pourquoi cette année encore, dans le budget de la Sécurité Sociale, ce n’est pas les cotisations qui sont augmentées, mais la CSG.
Aujourd’hui la part des cotisations dans le financement de la sécu est d’environ 50%. Il faut enrayer cette logique.
Le budget de la sécu est bien supérieur à celui de l’état (une fois et demi), et c’est une manne financière en dehors de tout espace marchand privé, vous comprenez pourquoi le privé aimerait bien mettre les mains sur ce magot, mais nous ne laisserons pas faire.
Ce nouveau budget de l’horreur, voté récemment, accélère ainsi le transfert de la couverture sociale vers les mutuelles privées. Alors que la Sécurité sociale est un bien commun, qui coûte moins cher qu’une mutuelle, et de très loin.
La Sécu est déjà financée, il faut juste stopper immédiatement toutes les exonérations de cotisations sociales. Ce qui permettrait d’instaurer le projet porté par la CGT qui est la Sécurité Sociale intégrale, ou appelé aussi le 100% Sécu. Basé sur le principe de cotiser selon ses moyens et recevoir selon ses besoins.
Vive la Sécu ! Protégeons là !
[Outro]
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