Nous publions cette prise de position, car l’heure est grave sur la propagande médiatique et politique sur l’inversion des valeurs et des normes.
Un faf est un faf
Suite à la mort de Quentin Deranque, un enchaînement médiatique s’est déroulé pour mettre à mal le récit historique des luttes antifascistes en essayant de renvoyer dos à dos l’extrême droite et l’extrême gauche. Or c’est tout à fait différent !
En premier lieu et comme il est coutume de le dire : nous condamnons les actes ayants entraîné la mort de Quentin Deranque. Maintenant ayons un regard politique sur la séquence…
Ce militant d’extrême droite est un néo-fasciste, il a cofondé en 2025 le groupuscule national-révolutionnaire des Allobroges Bourgoin, qui participe au week-end du mouvement Active Clubs (week-end d’entraînement sportif et de combat, préparant ses membres à défendre “le suprémacisme blanc”). Il n’a pas hésité à participer au défilé néo-nazi du comité du 9 mai1. Il faisait également partie d’Audace Lyon, connu pour attaquer des commerces tenus par des personnes racisées et qui revendique “l’autodéfense blanche contre les gauchistes, les islamistes, les bandes ethniques”. On le retrouve encore dans d’autres mouvements d’extrême droite, comme le groupe royaliste et antisémite Action Française ou Academia Christiana qui prône la “remigration”. Donc non, ce n’était pas quelqu’un de bien sous tout rapport. Il était présent à Lyon le 12 février 2026 pour accompagner le groupe fémo-nationaliste Némésis. Némésis (également dérivée d’Action Française, qui n’a absolument rien de féministe, disons-le) est habitué des actions de provocations aux événements de gauche. Sur les dernières images révélées de l’événement du 12 février, on voit Quentin Deranque cagoulé en première ligne pour aller se battre. Évidemment, s’en est suivie une confrontation entre groupe de faf et d’antifa. La suite étant tragique.
Les pires idées fascistes et leurs moyens d’actions
Les fascistes au sens large comprennent plusieurs courants de pensée, que ce soit les identitaires, les nationalistes-révolutionnaires, les royalistes, les néofascistes ou les néo-nazis, tous ont des caractéristiques communes : l’action violente (en effet l’extrême droite n’est pas tolérante envers les minorités) que soit à travers le racisme, la xénophobie, le sexisme, la transphobie, l’islamophobie, l’antisémitisme, le validisme, etc. Ce qui correspond à environ 75% de leur cible, le reste étant les mouvements de gauche et les syndicalistes2.
Il se trouve que les actes d’extrême droite sont sans commune mesure avec ceux de l’extrême gauche. En 40 ans, 5 morts sont attribués à des actions de l’extrême gauche, contre 48 pour l’extrême droite.
L’extrême droite s’attaque continuellement aux personnes les plus vulnérables.
De plus les renseignements français s’inquiètent de la montée grandissante de la menace terroriste de l’extrême droite 3. L’évolution des incarcérations entre 2015 et 2024 d’incarcération de l’extrême gauche reste de 3, tandis que celle de l’extrême droite passe de 1 à 174 !
Sans sécurité naît l’autodéfense populaire
Mais dès cette séquence, les regards se sont tournés vers “la violence des antifas”. Les médias et une très large partie de la classe politique tentant de mettre au même niveau les violence des antifas et des fascistes. Sauf qu’il faut rappeler les idées et les pratiques de ces groupes. À Lyon cela fait des années que les groupe fasciste se sont implantés dans le vieux Lyon, à tel point que pendant certaines périodes ce sont des ratonnades chaque semaine qui sont organisées et les personnes racisées, queers, ou identifiés comme de gauche sont agressées. La réaction des pouvoirs publics n’est pas à la hauteur. On peut même voir une forme de complaisance ou d’acceptation de ces violences d’extrême droite par les forces de l’ordre et leur hiérarchie (on se rappelle Retailleau qui se disait “proche” du combat de Nemesis). Reste donc aux groupes locaux antifascistes de s’auto-organiser pour une autodéfense populaire. C’est dans ce contexte que naît la Jeune Garde par exemple. Le travail de terrain des groupes antifascistes ont pu permettre à de nombreuses personnes de vivre plus tranquillement.
C’est dans ce même contexte où les actions du 12 février, les renseignements Français n’ont pas cru bon de sécuriser le meeting de Rima Hassan contre la venue de Némésis et des autres organisations néonazies Lyonnaise afin d’éviter tout affrontement alors qu’ils étaient tout à fait au courant de la présence des différents groupes. Les pouvoirs publics ont une très grande responsabilité. Ne jouant pas leur rôle, c’est l’autodéfense populaire qui s’active.
On le rappelle : l’objectif des groupes antifascistes est de rendre impossible toute exaction des fascistes, toute possibilité de s’implanter ou de grossir. Le niveau de violence des confrontations est imposé par le niveau de violence de l’extrême droite.
Il n’est pas question ici de dire que l’extrême droite est violente et l’extrême gauche non. Assumons notre conflictualité. C’est juste que l’extrême droite s’attaque aux minorités sans défense et les antifas sont là pour contrer les attaques des fascistes, par la violence s’il le faut.

Non l’antifascisme n’est pas comme le fascisme, si demain les fascistes disparaissent, alors les antifascistes disparaissent aussi. A contrario, si demain les antifascistes disparaissaient, alors les fascistes continueront et augmenteront le niveau de violence.
Rappelons les choses simples : Si le fascisme, ce n’est pas bien, alors l’antifascisme, c’est bien !
Notre histoire nous raconte
Pendant la Seconde Guerre Mondiale, les camarades du FTP-MOI ont tenu tête aux fascistes avec la plus grande force5. Missak Manouchian a même été panthéonisé alors qu’il tuait des Nazis. À Nantes, le monument des 50 otages rend hommage aux camarades tués par les nazis, car communiste ou syndicaliste.
L’inversion des valeurs n’est pas nouvelle, tout dépend d’où on regarde les choses. Pendant le régime de Vichy, ceux qui faisaient sauter les trains étaient considérés comme des terroristes, mais aujourd’hui ce sont des résistants.
On ne regarde pas les actes en dehors de toute perspective politique, mais bien dans le contexte des forces en œuvre.
Le spécialiste de la montée du nazisme Johann Chapoutot décortique les méthodes des capitalistes, des médias, et des forces en présence à l’époque qui ont permis la montée des fascistes. Aujourd’hui à travers son regard d’historien, il pointe l’ignominie de la tentative d’inversement des valeurs6.
La CGT s’inscrit pleinement dans cette résistance au fascisme. Car l’extrême droite est l’ennemie des travailleurs et travailleuses par excellence7.
Nous revendiquons et soutenons l’antifascisme comme un acte sain.
SIAMO TUTTI ANTIFASCISTI
Veilles sur les groupes fascistes
De nombreux groupes, travaillent à faire de la veille sur l’extrême droite. Voici quelques ressources :
- VISA : Vigilance et Initiatives Syndicales Antifascistes
- Streetpress : Cartofaf
- La Horde : Carte des groupes locaux d’extrême droite
- La Horde : Schéma de l’extrême droite en France
- ENQUÊTE SUR L’INQUIÉTANTE EXPANSION DE L’EXTRÊME DROITE DANS L’OUEST DE LA FRANCE
- Comité du 9-Mai : https://fr.wikipedia.org/wiki/Comit%C3%A9_du_9-Mai
- Rapport sur les tendances RTV de la fondation Jean Jaurès : https://www.jean-jaures.org/wp-content/uploads/2024/03/RTV_FR.pdf
- Terrorisme d’extrême droite : cette menace qui inquiète le renseignement : https://www.humanite.fr/politique/antiterrorisme/terrorisme-dextreme-droite-cette-menace-qui-inquiete-le-renseignement
- Chiffre de l’administration pénitentiaire via Arte : https://www.arte.tv/fr/videos/RC-027683/terrorisme-d-ultradroite/
- PANTHÉONISATION : COMMENT MACRON A REFUSÉ D’INVITER LE DERNIER CAMARADE VIVANT DE MANOUCHIAN : https://www.youtube.com/watch?v=-Z9ixgPo36M
- Fascisme vs antifascisme : le renversement des valeurs – Avec Johann Chapoutot : https://www.youtube.com/watch?v=q1NLMCm4WGo
- Face à la multiplication des violences d’extrême droite : protéger les libertés, protéger le monde du travail : https://www.cgt.fr/sites/default/files/2026-02/20260226-Decla-VED.pdf
Poster un Commentaire